La France manque d'eau
LA SITUATION : En 2026, 99 départements de la métropole ont été placés sous restriction, et jusqu’à 75 sont passés en niveau crise. Les nappes restent sous les normales en octobre, sur 66 % des points de mesure. À Mayotte, la production couvre moins de 80 % des besoins. CE QUI BLOQUE : Le pilotage à l’aveugle. Les étapes du cycle de l’eau n’ont pas d’indicateurs complets. Un tiers des réseaux n’avaient toujours pas de résultat PFAS en juin. Une gouvernance éclatée. Les agences de l’eau sont désormais sous la tutelle de cinq ministères, et le poids des agriculteurs a été renforcé dans les instances locales de l’eau. Des réseaux vieillissants. Un litre d’eau sur cinq est perdu en fuites. Des choix qui accroissent la pression sur la ressource. La loi d’urgence agricole prévoit de doubler le stockage d’eau agricole d’ici 2035, alors que les mois de juin à août concentrent déjà 60 % de la consommation. LES CONSEQUENCES : Des Français privés d’eau au robinet : 94 000 personnes fin septembre concernées. 6,4 millions d’habitants desservis par une distribution en vigilance. Une santé exposée : des dépassements PFAS dans 96 communes, et 274 noyades mortelles entre mai et mi-juillet. Une facture qui monte : le prix de l’eau a augmenté de 4,3 % en un an, soit deux fois l’inflation, et le coût de la sécheresse dépasse celui de 2022. Une confiance qui s’effrite : 64 % des Français craignent désormais de manquer d’eau. Risque de très fortes tensions sociales dans un futur proche.
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