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SolutionNon vérifié par l’équipeLoic, 80 - Somme · 10/10/2026

Une nouvelle approche d'accompagnement des créateurs d'entreprise, afin de leur permettre de réellement créer de la valeur.

Je n’ai toujours eu qu’un seul but : accompagner le développement social et économique des territoires. C’est ce qui guide cette proposition : permettre à ceux qui se lancent dans l’entrepreneuriat de construire réellement leur emploi. Dans mon travail depuis de nombreuses années dans l’accompagnement a la création d'entreprise, la question qui compte est très concrète : une fois les dépenses et les cotisations payées, qu’est-ce qu’il reste pour vivre ? On peut maîtriser son métier sans savoir calculer son prix. On peut avoir des clients sans gagner correctement sa vie. On peut même augmenter son chiffre d’affaires tout en fragilisant sa trésorerie. La France a rendu la création d’entreprise accessible. Il faut maintenant rendre l’apprentissage du métier d’entrepreneur tout aussi accessible. En 2025, notre pays a enregistré 1 165 800 créations d’entreprises, dont 758 600 immatriculations de micro-entrepreneurs. C’est un record. Mais ces chiffres mesurent des créations administratives, pas des emplois permettant de vivre. L’autre réalité mérite autant d’attention : selon l’Insee, en 2024, la moitié des micro-entrepreneurs ayant un revenu d’activité positif tiraient moins de 330 euros par mois de cette activité. Ceux qui n’exerçaient aucune activité salariée en tiraient en moyenne 820 euros mensuels. Ces revenus sont estimés selon la méthode de l’Insee ; ils ne correspondent pas à une comptabilité individuelle des dépenses réelles. Il faut lire ces chiffres honnêtement. Une micro-entreprise peut être un complément choisi : 32 % des micro-entrepreneurs cumulaient leur activité avec un emploi salarié fin 2024. Un faible revenu indépendant ne prouve donc pas, à lui seul, une situation de précarité. Mais pour celui qui cherche à en vivre, la question demeure : qui l’aide à comprendre ce qui bloque et à agir avant de s’épuiser ? Un enjeu central : Accompagner après la création, quand les vraies questions arrivent. Je propose un parcours de professionnalisation pendant les deux premières années, destiné prioritairement aux nouveaux indépendants qui veulent faire de leur activité leur revenu principal. L’entrepreneur commencerait librement. Puis l’accompagnement s’appuierait sur son activité réelle : ses ventes, ses dépenses, ses clients, ses difficultés. Calculer une marge sur une facture que l’on vient d’émettre a davantage de sens que remplir un tableau prévisionnel dont on ne comprend pas encore l’utilité. Le parcours comporterait un socle pratique à valider : fixer ses prix, prospecter, suivre sa trésorerie, anticiper ses cotisations et connaître ses obligations. Un tableau de bord simple permettrait de répondre à trois questions : combien j’encaisse, combien mon activité me coûte, combien elle me permet de gagner. Un premier diagnostic orienterait la suite. Certains auraient besoin d’un atelier sur les prix, d’autres d’un travail commercial ou d’un rendez-vous sur leur modèle économique. Les acquis seraient reconnus, avec une validation anticipée possible. Deux ans serait une durée maximale, jamais un délai imposé à quelqu’un qui maîtrise déjà ces sujets. Garder les statuts. Faire fonctionner l’accompagnement. Je tiens à un principe : conserver les statuts et régimes existants. Micro-entreprise, entreprise individuelle ou société : le créateur choisirait le cadre adapté à son projet. La période de test serait celle de son activité et de son apprentissage ; elle n’exigerait pas un nouveau statut juridique. Les couveuses et les coopératives d’activité et d’emploi nous donnent une expérience utile : apprendre en exerçant réellement. Nous pouvons reprendre cette méthode sans imposer leur hébergement juridique à tous. L’efficacité du dispositif se jouerait dans son organisation : un interlocuteur identifié, des informations demandées une seule fois, la réutilisation des données disponibles lorsque le droit le permet et des outils compatibles avec ceux de l’entrepreneur. Le tableau de bord servirait à piloter son activité ; il ne deviendrait pas une déclaration administrative supplémentaire. BGE, CCI, CMA, CAE, couveuses et France Travail pourraient contribuer selon leurs compétences. Leur coordination devrait éviter que la même personne recommence son diagnostic à chaque porte. Le temps de l’entrepreneur et l’argent public doivent être traités comme des ressources rares. Les outils simples et les ateliers collectifs couvriraient les besoins courants. Le temps individuel serait concentré sur les difficultés qui le nécessitent. Le financement devrait reconnaître l’utilité du travail réalisé, avec des critères adaptés aux profils accompagnés. Apprendre, choisir, pouvoir rebondir À la fin du parcours, l’entrepreneur devrait savoir lire l’économie de son activité et mesurer les conséquences de ses choix. Un revenu faible appellerait un diagnostic, pas une interdiction automatique de poursuivre. Une difficulté dans l’évaluation appellerait une formation ciblée et une nouvelle tentative. Arrêter un projet après avoir compris qu’il ne permettra pas d’en vivre peut aussi être une bonne décision. Il faut pouvoir le faire avant d’avoir épuisé sa trésorerie, son énergie et sa confiance. Je propose d’expérimenter ce parcours dans plusieurs territoires, ruraux et urbains, avec un budget plafonné et une évaluation indépendante. Nous regarderions le revenu dégagé, les compétences acquises, le temps administratif demandé et le coût par personne accompagnée. Nous vérifierions aussi que l’accompagnement produit un effet réel, au-delà de la seule sélection des projets les plus solides. Créer facilement est un progrès. Donner aux entrepreneurs les moyens de vivre de leur travail doit devenir l’étape suivante.

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